Il faut un véritable encouragement, pas une administration de la culture!
Suisseculture se réjouit de voir la plupart des modifications élaborées par la Commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC) du Conseil national pour améliorer le projet de Loi sur l’encouragement de la culture du Conseil fédéral ont trouvé une majorité hier, lundi, lors de la première journée de la session de printemps, comme cela avait déjà été le cas lors de la session d’automne. Le projet du Conseil fédéral était davantage une loi d’administration de la culture qu’une base légale pour un véritable encouragement. Les améliorations de la CSEC allaient dans le sens voulu par les acteurs culturels de Suisse.
Suisseculture note ainsi avec satisfaction que la Fondation Pro Helvetia conserve son indépendance grâce à la décision du Conseil national. Le conseil de fondation, et non le Conseil fédéral, aura la responsabilité de la conduite stratégique de la fondation. Il est également réjouissant que Pro Helvetia puisse désormais encourager la culture de façon très large et en toute indépendance. Contrairement au projet du Conseil fédéral, la fondation pourra aussi attribuer des bourses de travail.
En revanche, les créateurs culturels de Suisse regrettent que la création d’un Conseil de la culture n’ait pas trouvé grâce aux yeux du Conseil national. Cet organe, qui aurait conseillé le Conseil fédéral et l’administration sur les questions culturelles, était l’une des revendications majeures des milieux culturels. Suisseculture ne comprend pas les raisons du refus et espère que le Conseil des Etats corrigera cette décision erronée.
Vote amer pour Suisseculture: le Conseil national a aussi refusé la motion de la CSEC concernant la sécurité sociale des créateurs culturels indépendants. L’acceptation de la proposition Bortoluzzi lors de la session d’automne, selon laquelle la Confédération contribue à la prévoyance des artistes qu’elle soutient, est une consolation. Le fait que le conseiller fédéral Pascal Couchepin ait déclaré, pour justifier le rejet de la motion de la CSEC, que le problème était reconnu et que des améliorations étaient prévues ou en préparation, est également une bonne chose. De fait, des négociations sont en cours entre une délégation des associations de créateurs culturels, l’Union syndicale suisse et l’OFAS. Nous espérons que la promesse du Conseil fédéral deviendra réalité le 20 mars déjà et que les cantons, les communes et les institutions privées d’encouragement de la culture suivront l’exemple de la Confédération. Elles apporteraient ainsi leur contribution à la prévoyance sociale des artistes qu’elles soutiennent déjà par ailleurs.


